Jeudi 6 décembre 2012

Le Bois Raméal Fragmenté : Branches de salut pour la fertilité naturelle des sols, ou l’Arbre au secours de l’agriculture.

L’arbre est au cœur de la vie des sols

Tous les sols agricoles sont issus de la forêt. Les humus, les véritables garants de la fertilité des sols, ont pour origine la lente et patiente transformation des branchages, troncs d’arbres et feuilles mortes qui composent la litière forestière par l’action des animaux, bactéries et surtout des champignons capables de digérer la lignine du bois. Ce phénomène de combinaison de la matière organique (humus) avec les composés minéraux du sous–sol se nomme pédogenèse,autrement dit « naissance du sol ».

Lorsque l’homme s’est mis à défricher les surfaces forestières pour créer les surfaces agricoles que l’on connaît maintenant, il a brisé ce cycle et cette dynamique. Le sol agricole est alors de plus en plus vulnérable, perd de sa résilience, de ses capacité d’auto reconstitution. Il devient un simple support, presque inerte, que l’on tente d’entretenir pour permettre la mise en place des cultures. Les champignons ont disparu de nos sols en même temps que le bois qui les faisait vivre. Le divorce consommé entre l’arbre et l’agriculture…

Pour résoudre cet antagonisme historique, Gilles Lemieux, Professeur au Département des Sciences du Bois et de la Forêt à l’ UNIVERSITÉ LAVAL au Québec, propose de passer à la sylvagriculture. Il s’agit de relancer la dynamique de pédogenèse des sols agricoles en restaurant les cycles biologiques tels que l’on peut les observer dans les sols forestiers. Partant du constat que les petits branchages étaient l’élément fondamental de ces cycles, nous disposons aujourd’hui de moyens matériels pour les réincorporer facilement dans les sols agricoles sous forme de bois raméal fragmenté ou BRF.

L’ appellation ‘Brf’ a été proposée au milieu des années 1980 par le Groupe de Coordination sur le Bois Raméal fondé par le Professeur Lemieux. Elle ésigned le broyat des parties raméales des arbres, c’est-à-dire les rameaux de moins de 7 centimètres de diamètre, sectionnés en petits brins de 3 à 10 cm de long. Il s’agit de travailler avec du matériel vert (pas de bois mort) en évitant ou limitant fortement la proportion de conifères et de ‘faux arbres’ que sont par exemple les palmiers et autres bambous (les monocotylédones). Le BRF est ensuite incorporé dans les dix premiers centimètres du sol. Dès cet instant, pour reprendre l’expression de Jacky Dupéty, maraîcher précurseur du BRF en France, « on ne travaille plus le sol, c’est le sol qui travaille pour soi ». Le travail du sol est considérablement réduit, l’arrosage également et les rendements ainsi que la vigueur des plantations étonnent tous ceux qui ont eu la chance d’observer le phénomène.

Pour les mieux pourvus en matière et les plus patients, il existe diverses variantes dans l’emploi des Brf, qui peuvent aussi être amenés en paillis de 10/15 cm d’épaisseur autour de végétaux bien établis ou en préparation de terrain très anticipée (plusieurs mois à 1 an).

Au fil de plus de 25 années d’observations et d’expérimentations autour de ces procédés, des scientifiques, des forestiers et des agriculteurs en sont venus à reconsidérer la compréhension de la nutrition des plantes, de leurs relations avec les sols et ses diverses composantes, de la vie de ces derniers…

Autant de découvertes et de remises en questions qui au final, sont en passe de bouleverser les fondements même de l’agriculture, et de tout ce qu’elle sous-entend en terme d’environnement, d’ économie et dans la vie des sociétés…

Le bois raméal, particularités méconnues d’un matériaux mésestimé.

On distingue les bois des troncs et des grosses branches, récoltés comme matériaux ou pour le chauffage. Durant la vie d’un arbre, ce bois ‘caulinaire’ constitue son ossature, un peu à la manière des coraux, qui croissent par l’accumulation de la matière produite annuellement.

La biologie des uns comme des autres se déroule intensément en périphérie d’un squelette carboné. On ignorait la portée de cette réalité aussi simple que significative :

Les ramilles constituent littéralement l’interface entre l’énergie solaire, l’air et le reste de l’arbre, reliant finalement les cimes aux sols.

Les rameaux sont le siège d’une activité unique, pilier de toute vie terrestre : La photosynthèse, qui, rappelons le, consiste à combiner les éléments inertes que sont les gaz atmosphériques, l’eau, les minéraux , qui grâce à l’énergie lumineuse deviennent la matière… VIVANTE !

Physiquement, la composition spécifique des rameaux se distingue par des tissus juvéniles et une forte concentration en nutriments.

Par commodité, lors de coupes de bois, les menus branchages sont trop souvent brûlés en pure perte, sans aucune forme de valorisation, ni pour la biodiversité, ni pour l’énergie.

L’intérêt de la seule valeur minérale des cendres,bien que réelle, est inférieur à l’apport potentielque permet la restitution en l’état, ou mieux, sous forme de Brf.

Différente du compostage, la méthode Brf offre une voie nouvelle de recyclage, particulièrement intéressante à bien des égards, et optimum dans le cadre des cycles du vivant.

Les modalités d’utilisation et les mécanismes agronomiques enclenchés par cette technique ouvrent des perspectives jusqu’alors insoupçonnées, qui interpellent de plus en plus les référents des divers ‘modèles’ agricoles.

Ainsi, M. Dominique SOLTNER, agronome de renom, auteur consensuel et pragmatique d’innombrables manuels agricoles et horticoles, atteste de l’importance et de la pertinence de cette approche qu’il qualifie lui-même de révolutionnaire en déclarant : « Grâce au broyeur, on peut utiliser le bois comme un fertilisant. L’agriculture a 10 000 ans. Jamais on n’a utilisé le bois que sous forme de cendres (sauf cas marginaux). La forêt le faisait. Elle vit en n’utilisant que ses feuilles et brindilles pour sa fertilité. La lignine est la matière première de l’humus stable. Le fumier et la paille n’en contiennent quasiment pas ».

En effet, les rameaux des arbres contiennent plusieurs nutriments tout en étant davantage que de simples ‘fertilisants’.

Ils correspondent aussi à la définition des amendements, propres à améliorer la structure, les qualités physiques des sols, la résistance à la sécheresse,au tassement, à l’érosion….

Cependant, compte tenu des qualités exceptionnelles des Brf, les spécialistes identifient les perspectives qu’ils ouvrent en les nommant ‘ aggradeurs’ , en mesure de contrer la dégradation des sols.

Les effets du Brf viennent donc en parfaite adéquation avec l’avènement d’une agriculture durable, productive, sobre et saine.

Une technique simple à appliquer mais qui met en œuvre des mécanismes complexes.

Voici le procédé de base (il existe diverses variantes intermédiaires avec d’autres techniques) :

Les rameaux frais, récoltés et fragmentés en période de repos végétatif, sont aussitôt épandus sur la terre, à raison de 1 à 3 cm d’épaisseur, puis légèrement incorporés aux premiers centimètres du sol.

Ceci représente 1 à 3 m3 pour 100 m2 soit, 100 à 300 m3/ha. Ces quantités sont conséquentes, mais la transformation du sol sera efficiente plusieurs années. La mise en culture intervient sans retournement du sol, en privilégiant les légumineuses au commencement (vesces, pois, haricots fèves etc.), car leur biologie particulière permet de supporter un petit délais initial pour l’activation du processus (une ‘faim d’ azote’ limitée).

Le Brf permet littéralement d’insuffler durablement l’extraordinaire vitalité des sols forestiers aux sols cultivés. Celle-là même qui confère aux forêts de feuillus, leurs remarquables capacités de régénération et de résistance aux divers aléas et agressions, sans irrigation forcée, ni apport d’engrais ou de pesticides.

Le procédé rappelle évidemment le paillage (mulching) ou le compostage de surface, la méthode Jean-Pain…

Il y a des similitudes certaines avec ces pratiques qui ne ciblent pas spécialement l’emploi des rameaux. Elles ont peut-être contribué à détourner l’attention sur les caractéristiques uniques des Brf. L’agriculture ‘conventionnelle’ tend à ne traiter le sol que comme un support de culture, et s’acharne à accomplir la nutrition, l’irrigation et la protection des plantes par des apports et des manipulations en tous genres. Une débauche de ‘biotechnologie’, de chimie et de moyens matériels énergivores qui mènent dans la spirale infernale de l’épuisement des ressources, de la dégradation des sols, et des pollutions diverses. Les cultures hors sol, ‘hydroponiques’, illustrent cette technologie à son paroxysme…

L’agriculture ‘naturelle’ et l’approche ‘bio’ réhabilitent le fait que pour subvenir aux besoins des végétaux, c’est le sol lui même qu’il faut nourrir,en tant que milieu vivant - L’écosystème sol.

C’est un pas fondamental.

Cependant, les composts, fumiers, et autres macérations découlent tous d’une décomposition de matières organiques faisant d’abord appel aux bactéries, qui minéralisent plus ou moins rapidement la matière et évaporent en quelques sortes l’énergie. Notons par exemple que les pollutions aux nitrates dues aux lisiers sont parfois délicates à maîtriser en fonction de circonstances météorologiques notamment…

Par ailleurs, le labour, la chaleur perdue et les gaz de fermentation trop rarement valorisés (biogaz), contribuent à faire de l’agriculture un vecteur important de l’augmentation de l’effet de serre.

L’agriculture ‘sylvagraire’, avec le Brf, consacre une forme de continuité du vivant, ou la logique de ‘décomposition’ cède le pas à celle de la ‘Bio-transformation’ .

L’évolution du contenu et des qualités des sols recevant du Brf repose en premier lieu sur l’intervention de champignons spécifiques qui, comme dans la litière forestière, colonisent et se nourrissent de ces fragments de brindilles apportés avant dessèchement et en limitant la fermentation.

Ils alimentent une micro-faune de ‘brouteurs de mycélium’, eux-mêmes proies de prédateurs. Le corps, les déjections et les sécrétions des uns alimentent les autres.

Champignons, algues, racines des plantes terrestres, bactéries et autres animaux inter-agissent, mais ce sont bien les premiers qui sont cette fois les piliers de cette formidable chaîne alimentaire, du côté de la face cachée du sol.

A travers ce foisonnement, les plantes de surface accèdent au festin, boivent et mangent à la demande, servies par des myriades d’organismes ‘dévoués’, parfois même intéressés au point de s’associer sous forme de symbioses !

Avec un sol vivant et des plantes alimentées idéalement, les avantages multiples du Brf se révèlent :

On note partout une diminution spectaculaire des problèmes de sécheresse du sol et une résistance naturelle renforcée des plantes. Ceci dispense d’irriguer ! On constate des rendements relativement élevés et sécurisés, une régulation marquée des maladies et des ravageurs, une atténuation sensible du comportement invasif des adventices…

De la même manière que les cellules des pommes que nous mangeons sont vivantes, vis à vis d’un sol et de ce qu’il engendre, les qualités nutritives des Brf sont toutes autres que celles des matières minérales, mortes ou sèches, même lorsque les organismes se nourrissent de celles-ci.

On déconseillera toujours à quiconque de ne s’alimenter qu’avec des aliments cuits ou des poudres inertes… C’est pratiquement ce que l’on inflige à la terre !

Une fois le processus lancé, les sols traités au Brf peuvent accueillir toutes les cultures terrestres adaptées aux climats locaux. La culture sur bois raméal fragmenté convient pour les céréales, les oléagineux, le maraîchage, l’horticulture, la viticulture, l’arboriculture…

Derrière une apparente banalité donc, et après la relative infortune de nombreux efforts de diffusion à travers le monde depuis plus de 25 ans, ces nouvelles approches commencent enfin à retenir l’attention en divers continents, en Europe et notamment en France (cf. Récent de Colloque Chemin Faisant en mars 2006 et celui de Lyon les 1 et 2 février 2007, dont les actes sont et seront disponibles sur le net).

La question de la ressource :

Utiliser 100 à 300 m3 de broyat frais à l’hectare pose nécessairement la question de l’approvisionnement.

Rappelons avant toute choses que cet apport vaut dans la durée, sur 3 à 5 ans minimum, avec, une fois le processus lancé, la possibilité de procéder à des épandages d’entretien dans des quantités dégressives.

En terme de volumes de matière végétale disponible,beaucoup expriment des doutes, voire des craintes, sur la possibilité de propager massivement cette méthode.

Certes une certaine vigilance s’impose.

Les contextes sont bien différents selon que l’on se situe dans une zone péri-urbaine ou forestière, ou bien dans une région vouée aux grandes monocultures, ou encore dans un terroir bocager où se combinent prairies et cultures bordées de haies…

L’entretien des arbres et arbustes urbains, celui des alignements routiers, des haies rurales et la taille des vergers, représentent des gisements potentiels importants, souvent dilapidés.

S’ajoute la ressource forestière proprement dite.

En effet, la récolte de bois s’accompagne de déchets, les rémanents, qui devraient être plus systématiquement restitués sur site, mais dont une partie peut être prélevée sans dommage.

Au lieu de cela, dans et hors la forêt, des quantités faramineuses de bois raméal sont chaque année évacuées et détruites par le feu en pure perte .

Comme le souligne aussi l’agronome D.Henry, dans un manifeste édifiant :

Il s’en brûle des millions de tonnes chaque année(…). Des calculs (…) tendraient à démontrer qu’ensembles, la culture sur brûlis et la déforestation produisent autant de gaz à effet de serre que l’ensemble du parc automobile de la planète. Dans les régions développées, en plus du bois de taille agricole, les bois d’élagages urbains, routiers ou de transport d’électricité représentent des quantités importantes (…).Ces bois sont de plus en plus compostés, ce qui est un progrès mais qui dans une perspective de pédogènèse représente encore un gaspillage. Les haies vives et brise-vent dont la réintroduction est recommandée sont une source potentielle importante.

La dernière phrase de l’extrait ci-avant révèle aussi une autre vertu latente du développement de la méthode Brf.

Dans une perspective de souveraineté alimentaire, de rationalisation des transports et de réduction des coûts, une source d’approvisionnement locale, au plus près des besoins, sera recherchée.

Ainsi, le maintien et même le redéploiement des boisements diffus tels que haies variées et arbres épars redeviennent des atouts immédiats pour tendre vers l’autonomie pour la fertilité à la parcelle : L’auto fertilité parcellaire.

Les composantes des bocages, territoires ruraux quadrillés de haies, peuvent ainsi retrouver une valeur positive dans l’économie agricole. La pérennisation de ces paysages diversifiés ** garantit aussi le maintien d’effets induits en faveur de la biodiversité, de la lutte contre l’érosion des sols, de la régulation quantitative et qualitative des eaux avant traitement…

Quelques perspectives sociales,

Nous l’avons vu, la méthode Brf pose la question de l’approvisionnement en fonction de divers contextes.

Le gisement de rameaux issu de la taille des arbres ‘urbains’ représente un nouveau socle possible pour des échanges ville/campagne.

Comme l’illustre notamment le principe des AMAP, l’ accès à des légumes de qualité à un coût modéré, permettant aussi une juste rémunération des producteurs, suppose l’installation de maraîchers de proximité.

Dans les zones de désertification rurale, la déprise d’anciennes terres agricoles permet la régénération naturelle de la forêt. Mais cette reconquête de l’espace forestier pose souvent des problèmes liés par exemple à l’augmentation des risques d’incendie, et même parfois à la disparition de milieux naturels devenus rares (ex. pelouses à orchidées sur anciens pâturages).

Et puis, accompagner la réinstallation de la forêt en effectuant des dégagements de sélection et des coupes d’éclaircies peut contribuer largement à son épanouissement tout en développant l’entraide et l’économie locale. En effet, ces interventions peuvent faire l’objet de chantiers collectifs, en développant des solidarités.

C’est l’objet de la toute récente association A.V.E.Brf fondée par Jacky Dupéty et quelques amis dans les Causses du Quercy.

L’idée est d’organiser la production de Brf au travers de travaux forestiers bénévoles. Le Brf, produit devient un soutien pratique pour l’activité de ce paysan-maraîcher, pionnier français de la culture sur bois raméal fragmenté.

Ce principe est sans doute reproductible dans bien des endroits, et l’enjeu social est de taille au regard du nombre de personnes de tous âges et de tous horizons qui désirent sincèrement s’installer et vivre des fruits de la terre… Simplement, un nouveau souffle pour no s campagnes.

A travers un nouveau besoin matériel…Un choix de société à concrétiser !

Comme toute nouveauté, le développement de l’utilisation des Brf amène son lot de dérives possibles : Pillage abusif des forêts, cultures intensives d’arbres (éventuellement transgéniques), transport sur de longues distances (des massifs forestiers aux plaines céréalières) etc.

La diffusion de cette technique ’aggradantes’ dans le jardinage domestique, bien que souhaitable, peut aussi se traduire par une profusion de broyeurs divers.

Les petits broyeurs vont vite figurer dans la panoplie des ’jardiniers du dimanche’.

Mais ils ont des rendements ’énergie consommée / volumes broyés’ très en deçà des modèles professionnels, plus coûteux mais nécessairement plus performants et robustes.

Par ailleurs, dans les déchèteries, on constate tous les jours des flux impressionnants de D3E, comprenez ’Déchets Electriques Electroniques Electroménagers’.

Téléviseurs, ordinateurs, aspirateurs, poste de radio, aspirateurs, lecteurs multimédias en tous genres arrivent massivement. Ces objets ’de consommation courante’ sont manifestement conçus pour ne pas durer ’trop’ longtemps, et/ou sont vite détrônés par des modèles plus performants (cas de l’informatique notamment). Cette filière D3E, qui a tardé a se structurer correctement (coûts, traitement, valorisation…), se verrait prochainement enflée d’une multitude de petits broyeurs à coque ’plastique non recyclé’, éphémères…

Partant de ces exemples, on peut donc souhaiter une certaine ’retenue’ dans la demande de broyeurs individuels. Car leur fabrication, leurs fonctionnement et leur démantèlement mobilisent des ressources, en matières et en énergie…

Cela ne signifie pas pour autant brider l’économie et l’emploi, car les paysagistes/élagueurs, les forestiers, les agriculteurs eux-mêmes, s’équipent,développent et optimisent leurs activités, certains en lien aussi avec les filières bois-energie (chaufferies à copeaux).

En terme de développement local, on peut aussi imaginer la renaissance d’un patrimoine multifonctionnel de premier ordre : les moulins à eau et à vent pourraient être transformés en mini-centrales de broyage de proximité, à énergie propre et renouvelable. A l’instar des gardiens de déchèterie, pourquoi ne pas songer à un nouveau métier : Celui de meunier BRF !

Pour vu que l’on se donne la peine d’anticiper et d e s’organiser collectivement, de très nombreuses synergies ’vertueuses’ reste à imaginer, comme l’acquisition ou la location groupée d’un matériel mutualisé, le recours à des broyeurs performants, admettant potentiellement l’huile de friture régénérée comme carburant !

En tous cas, l’approche Brf est de ces nouveautés qui éveillent le sentiment d’être à un tournant décisif. Tachons de prendre la bonne direction…

Comme il semble capital de rechercher à concilier 2 faux ennemis :

La ’décroissance’ (impact moindres) et le ’développement’ (progrès et amélioration). C’est l’un des défis majeurs de notre temps, ou l’on estime qu’avec le niveau de vie occidental actuel (auquel aspire paraît-il la population mondiale)… Il nous faudrait plusieurs planètes, sauf si…

La méthode Brf bouleverse et facilite notre rapport à la terre.

Elle offre un formidable levier pour une agriculture à taille humaine, viable, saine et sobre. Des dangers guettent.

La ‘grande agriculture’ prétendra se saisir de cette ‘nouvelle technologie verte’ pour produire massivement ici de quoi nourrir toute la population de la planète…

Avec le Brf, sous tous les climats, mêmes arides, où peuvent se développer des arbres, l’agriculture paysanne tient un des moyens des plus efficaces pour nourrir les hommes là ou ils vivent , de place e n place, en les resituant dans un relation vertueux avec toute la biosphère.

Sylvain Houlier